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Politique(s). Le sport est-il de droite ?
Vu d’en haut, vu du pont, en vertu de décrets et de nécessités étroitement liées aux intérêts de ses promoteurs, on avait longtemps cru – ou voulu croire – que le sport était apolitique, neutre, ni ni, en lévitation au-dessus des conflits, se dérobant gracieusement aux arraisonnements idéologiques d’où qu’ils viennent. Mais, qui peut croire encore à ces jeux d’occultation et au mythe de l’« apolitisme sportif » à l’heure où Donald Trump joue des coudes et s’incruste sur le podium de la Coupe du monde des clubs de football, quand Emmanuel Macron surjoue sa proximité avec des sportives et des sportifs ; mais aussi quand des athlètes sont disqualifiés en raison d’une prétendue incertitude quant à leur identité de genre.
Quelle que soit l’orientation politique du sport, de droite (souvent) ou de gauche (parfois), ce dernier représente un puissant outil de cohésion, dont le périmètre d’efficacité varie selon les configurations historiques, selon les intentions et les valeurs de ses dirigeants et selon une certaine (glorieuse) incertitude des résultats. Le sport marque donc les esprits, sollicite les consciences, interroge les idéaux et les cultures politiques. Pour ne rien affirmer du fait bien connu qu’il modèle les paysages, ou même qu’il fait paysage, au travers des stades, des enceintes, des arènes, des remontées mécaniques. Ce nouveau numéro des Sports Modernes, à la tonalité plus « politique » que les précédents peut-être, s’ancre dans une approche résolument critique de la sphère sportive.